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Démissionner a changé ma vie ! [TEMOIGNAGE]

« J’avais beaucoup de difficulté à me lever le matin, je m’ennuyais en permanence. Je passais mes journées à me demander ce que je faisais là. A un moment donné, on ne voit plus les points positifs, on ne profite plus de ce qui est bon, on ne voit que ce qui nous empêche d’avancer. »

C’est dans cet état de fatigue et d’ennui que se trouvait Virginie André, avant de prendre une décision qui allait changer sa vie, celle de démissionner !

Comme pour Karin que nous avions interviewée il y a quelques semaines, la décision en elle-même s’est imposée comme une évidence. Mais une évidence pas si évidente… à communiquer ni à assumer !

« La difficulté était de se décider, de franchir le cap. On attend le bon moment. Mais, clairement, il n’y en a pas ! J’ai pris ma décision du jour au lendemain. Un jour, j’ai dit : je ne veux plus. J’ai pris tous les congés auxquels j’avais droit et, ensuite, j’ai remis ma démission. Ça m’a pris quelques mois quand même. J’ai posé mes congés, convaincue que, le jour où j’y remettrai les pieds, ce serait pour vider mon bureau. C’est précisément ce que j’ai fait ! »

Comment savoir que c’est la bonne décision…

« Durant plusieurs mois, j’ai retourné la question dans tous les sens. Pendant mes différents congés (parentaux, sans solde,…), j’étais perdue. Pas moyen d’être sure que c’était la bonne décision. Je cherchais des stages, du boulot, rien n’allait. Puis, j’ai trouvé un emploi en tant qu’intérimaire. Pas le job de l’année, pas celui dont je rêvais. Par contre, qui disait intérimaire, disait contrat à durée déterminée. Si ça n’allait pas, ça me donnait accès à mes droits sociaux (auxquels je n’avais aucun accès en démissionnant). Ça m’a donné le courage nécessaire, l’assurance de ne pas me retrouver sans rien. Dès ce moment-là, plus aucune hésitation. Dès le moment où j’ai signé mon premier contrat, j’ai envoyé ma démission. C’était réglé ! C’était le « signe » que j’attendais.

Je ne peux pas dire que j’ai su que c’était la bonne décision. Il est difficile d’en être sûr à 100%. Et c’est encore plus difficile de s’en assurer quand cette décision vous rend la vie compliquée. Néanmoins, j’ai toujours eu foi en l’avenir. J’ai fait ce que je pensais devoir faire. J’ai décidé d’être maitre de ma vie, c’était mon choix ! A moi d’en assumer les conséquences, positives et négatives. Evidemment, ça avait une incidence sur la vie de ma famille. C’était ça « assumer ». il n’y a pas vraiment eu de déclencheur, j’ai toujours su que j’en arriverais là. Cependant, si je devais en citer un, ce serait le moment où j’ai choisi de reprendre mes études. Je me suis inscrite en décoration d’intérieur, un domaine qui me passionnait depuis des années. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours rêvé exercer ce métier. Un jour, j’ai eu l’opportunité de suivre les cours qui allaient m’y amener. Une fois dans le bain, j’ai consacré tout mon temps et mon énergie à mes études. J’ai su que je ne pouvais plus continuer mon ancien métier. Néanmoins, il m’a encore fallu quelques mois pour me décider à tout quitter. »

Une décision qui fait peur parfois…

« Au moment de démissionner, j’étais tout d’abord, effrayée, évidemment ! J’ai quitté un emploi sûr, salaire et pension garantis, j’étais statutaire ! C’était un sacré risque. Et, en même temps, j’étais tellement libre. J’ai envoyé ma démission par courrier, j’ai pris rendez-vous pour rendre mon uniforme. J’ai tout mis dans des sacs Ikea et j’ai tout ramené. Rendre mon matériel m’a donné l’impression de tourner la page. C’était fini. A partir de là, tout était possible ! Je n’ai jamais imaginé avoir autant de force en moi. Ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir osé. Il fallait le courage d’aller jusqu’au bout et je suis heureuse de n’avoir jamais reculé. »

Comment savoir ce que l’on veut faire ?

Connaissez-vous le modèle japonais de l’ikigaï (en gros, ce qui vous donne de la joie, du sens, l’envie de vous lever le matin) ? Il s’agit d’un ensemble de données au cœur desquelles on atteint le bonheur : ce qu’on aime faire, ce pour quoi l’on est talentueux, ce dont le monde a besoin,… Parmi les nombreux exercices de coaching qui permettent d’approcher son « ikigaï », le souvenir de ses rêves d’enfants ! Pour Virginie, cela a été déterminant.

« J’ai toujours été attirée par le métier d’architecte d’intérieur. Avant d’intégrer la police, j’avais envisagé de suivre ces cours. J’avais déjà tout lancé et puis, j’ai réussi les examens d’entrée à la police du premier coup. Alors, j’ai abandonné l’idée de devenir décoratrice, car un salaire à 19 ans, ça ne se refuse pas, surtout quand on ne vit plus chez ses parents. J’ai fait le choix de la facilité.

Après avoir repris mes études d’architecte d’intérieur, je me sentais vraiment dans mon élément. Les idées, l’énergie, tout venait tout seul. Je n’avais pas à me forcer pour étudier, faire les travaux (et il y en avait des tas !). La motivation était naturelle. Je suis arrivée au bout sans faire d’efforts surhumains. Après 3 années, si je devais le refaire, ce serait sans hésitation. Quand tout est naturel, on ne se pose pas de questions. On sait où on va et on y va ! »

Une décision qui change la vie et qui la parsème de joie

Spécialisée en design scandinave, la jeune femme exerce aujourd’hui un métier qui la passionne, avec plus de liberté et de disponibilité pour sa famille.

« Vous allez rire, et je sais que ce sont peu de choses, chaque jour, je fais mon métier avec le plaisir que prend un enfant à ouvrir son cadeau d'anniversaire. Je sautille sur place quand une chose se passe bien, je souris quand quelque chose abouti, je danse sur ma chaise devant mon ordinateur à l'idée de réaliser, concevoir, organiser, planifier,....... En résumé, travailler n'a jamais été, pour moi, auparavant, un tel plaisir, une telle joie! Ce n'est pas facile, ça n'a rien d'exceptionnel, je ne vais pas changer le monde mais je fais plaisir et je me fais plaisir! Après tout, les petites rivières.... »

Virginie André avec son designer scandinave favori, Ernst Kirchsteiger

 

Virginie André,
Architecte d’intérieur et décoratrice d’intérieur
Spécialisée en design scandinave

https://www.facebook.com/virginieuppleva/

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Davide Cantelli, Kira Auf Der Heide